Il n'y a pas de plus grande solitude que celle du samouraï

Publié le par La Souris Blonde

Ni de métier plus grand que le métier de souris (oui je cache assez bien ma grosse tête derrière mes grandes oreilles). Considérez donc ce billet comme une variation sur le thème du précédent.

Jeune homme distingué, un peu raide, qui un soir, dans une rue passante, s'exerçait à la prise du osotosouri, également appelée "je n'ai pas l'habitude de / charmante / se revoir". La souris para d'un rapide uta-padami, autrement dit "j'ai déjà quelqu'un". Homme d'honneur et ne voulant se dédire de son réel intérêt, le voilà qui propose de l'accompagner jusqu'à sa toute proche station de métro, traçant en l'air d'un geste ferme le terme déjà en vue de cette relation, fil tranché avant d'avoir été noué : nous n'irons pas plus loin ensemble. Voilà de quoi mettre une souris en confiance. Echange de prénoms, échange de métiers. Ah! s'écrie-t-il mortifié, je tombe toujours sur des femmes qui ont fait de meilleures études que moi !

Tiens, se dit la souris, mais non, pourquoi, elles sont très bien aussi ses études à lui.

Tiens, se dit la souris, je croyais pourtant qu'il n'avait pas l'habitude (de demander leur métier à des inconnues dans la rue).

Tiens, se dit la souris, est-ce donc rhédibitoire d'avoir fait de meilleures études que lui ?

Tiens, lui répondit finalement la souris, c'est une compétence intéressante, il faudrait la valoriser, un petit talent dans le domaine du recrutement peut-être ?

Ils se quittèrent après de cordiaux adieux, et la souris monta dans son métro, bercée de douces pensée. Elle songeait, la souris, qu'il était bien agréable, dix ans après avoir pour la première fois foulé le sol parisien, d'en être arrivée à un tel degré de détachement, de ne plus être nerveuse au moindre contact avec un autrui inconnu, de pouvoir parler, plaisanter, jouer le jeu en sachant que ça ne prête pas à conséquence, de ne plus être spontanément inquiète quand un homme lui dit qu'elle lui plaît, et elle se disait, la souris, que ce blog l'avait bien aidée à prendre tout cela à la légère, et... Fuque ! s'exclama-t-elle en voyant le nom de la station suivante.

Un tel degré de détachement, la souris, qu'elle en avait pris son métro dans le mauvais sens.
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John 02/03/2010 12:08


Distraite la Souris? Serait-ce un signe énonciateur d'un printemps précoce ? Jouerait-elle le rôle d'un(e) groundhog dans cet univers parisien ?
Attention, la distraction parmi les mus musculus peut avoir de graves conséquences, les rapaces n'étant pas loin... les vrais cons non plus ;o)


La Souris Blonde 02/03/2010 23:24


Comme on dit chez les souris, "les rapaces, la caravane aboie."


Winzeep 07/02/2010 23:38


[musique] elle tape sur des bambOus et c'est numéro un...


Dovobo 07/02/2010 20:35


Tentatives devineresse sur le métier  extrèmement probable que peut exercer Souris :

- Chercheuse dans un laboratoire anti-sexiste de sociologie, d'études féminines ou d'études de genre au CNRS ou à Paris 8 - type Elsa Dorlin ou Judith Butler

- Chercheuse dans un laboratoire de recherche expérimentale en biogénétique sur le comportement des spermatozoïdes mâles en fonction de leur contexte bio-social - type grosses lunettes par-dessus
minois craquant, pas d'exemple en tête, juste des visages

- J'ai plus d'idée zut

- Psychiatre pour jeunes adultes délinquants en réinsertion.

- Pff de toute façon elle le dira jamais


La Souris Blonde 07/02/2010 23:04


HA HA HA !

Non vraiment, avec le métier de la souris et le nom de son instrument de musique, ce serait vraiment trop facile.


Guillaume 06/02/2010 13:19


Un osotosouri...(il est bien celui-là je peux le prendre ?) suivi d'un uta-padami.
La drague c'est donc un art martial, CQFD.
Guiz'


La Souris Blonde 07/02/2010 22:57


Et si le dragueur perd, c'est la kata.