La dernière noix

Publié le par La Souris Blonde

Voici l’heure fatale de dévoiler la dernière des noix… Non pas que l’espèce soit en voie d’extinction, bien au contraire, avec les quelques rayons de soleil de ces derniers jours ils repoussent avec plus de vivacité que champignons dans les sous-bois. Mais un dieu du sexe (ou du moins son prophète) m’a fait judicieusement remarquer que je n’avais pas posé de date limite au dépôt de candidature pour la Noix d’Or 2006, et ajoutais chaque jour ou presque de nouveaux candidats, ce qui posait quelques problèmes pour arrêter son choix avant la fin de la période de votation.
Je commence donc par rappeler que l’exercice du droit de vote n’est absolument pas subordonné à la lecture de tous les articles de ce blog. On peut très bien être complètement velléitaire, partial, injuste, rapide dans ses jugements et même inconséquent. On a même le droit de tirer une noix au hasard dans le chapeau de la souris. Bref, si un dragueur vous plaît, pas besoin d’aller lire tous les autres avant de vous prononcer, cela n’invalide en aucun cas votre vote.
Ensuite, je décide arbitrairement, avec le grand amour de la négociation démocratique qui me caractérise, d’arrêter les candidatures aujourd’hui même, et d’étendre la date limite pour les votes au 3 septembre, pour permettre à ceux qui le voudraient de délibérer en leur âme et conscience.
Et puisque dans toute grande manifestation culturelle il faut un discours de clôture, voici celui d’Antoine, qui est en même temps discours de campagne. A mon avis il n’y manque rien, ni petites pointes d’humour, ni petites pointes de provocation pour éviter que le public ne s’endorme, ni petites pointes d’émotion pour éviter qu’il quitte la salle en claquant la porte, ni même quelques petites pointes de basse flagornerie en direction du président du jury.
Je soumets à votre sagacité cette dernière candidature.

"Mon sens de la compétition et mon goût pour l'émulation étant sans égal, notamment et surtout lorsqu'on évoque le fruit sec du juglandacier qui ne peut que m'évoquer ces parties tellement chéries de mon anatomie que tant de nucicultrices (oui c'est dans le dictionnaire) ont traité avec affection et reconnaissance...
Je disais donc (c'est que je digresse beaucoup et abondamment) que la petite souris m'a piquée au vif en visant si bas et qu'il m'est impossible de ne pas concourir.
Ai je le profil d'un gagnant ? Assurément !
Sans être aussi touchant qu'Hector ou Antge, je me targue de représenter l'archétype du dragueur à la noix acharné qui, sur de son verbiage et sans complexe, (quoique...) aborde, déborde, et même, de temps en temps... borde !
Car ne prenez pas le DALN pour un imbécile complet. S'il s'est fait technicien du baratin, c'est que ça fonctionne ! N’oublions pas la loi du marché : la demande conditionne l'offre... et donc le daln (mérite t'il, mérité-je, des majuscules ? je me le demande... et d'ailleurs j'y réponds : le DALN!) parvient à ses fins parfois.
Statistique ? Technique d'usure ? Naïveté insondable de la gent féminine ? Peut être, mais je crois qu’au fond les femmes voient bien que lors de ce pathétique abordage, le DALN est totalement sincère. Il ne veut qu’une chose, Elle, et toute son attention.
Tous ses espoirs sont placés entre Ses mains. Qu’il passe à une autre cible s’il est rejeté, ce n’est pas grave, là, dans l’instant il la surprend, la change de son quotidien, et si jamais il a une once d’hésitation, s’il sait montrer un peu de faiblesse, s’il est touchant sans le faire exprès (ou suffisamment habile pour le laisser croire), elle devient Jeanne d’Arc volant au secours du roi des glands !
Les femmes ont une fabuleuse capacité à s’illusionner quand elle le veulent bien (et une tout aussi grande capacité à être lucide – n’est ce pas petite souris ?)
Mais, pour revenir à notre sujet – l’élection de MDLN (suivez un peu SVP !) – je prétend concourir aussi au titre de MDLM : Monsieur Dragueur à La Manque !. Car je suis un cas rare, une mutation spontanée, l’évolution ultime du dragueur à la manque : j’ai mimétisé et acquis les techniques du dragueur à la noix au point de les faire miennes !
Ah je vous sent haletant, j’en entend au fond qui s’exclame : « mais comment se fesse ? ». C’est bien simple chers électeurs : à force de me prendre râteaux et vestes au point de ressembler à un jardinier du dimanche (dans mon placard à souvenir j’ai de quoi gagner tous les concours de jardiniers du dimanches jusqu’en 2324…) il me fallait bien évoluer. C’était ça ou rester avec un cœur gros comme un 747, ce qui vous en convenez est assez peu pratique du point de vue anatomique. Et encore, je ne vous parle que du cœur.
Alors j’ai tout essayé. Dés 13 ans, tout seul sous mes draps roses (non c’est pas vrai, mais j’écoutais France Galle…), je me répétais : « faut que tu sois cool. A l’aise, relax. T’aborde, t’emballe ! » (eh oh, n’oubliez pas, j’avais 13 ans !). Je regardais Fonzy faire à la télé, et je vous promets qu’à 13 ans, ça impressionne.
Toujours est il que quelques décennies plus tard, un jour, j’abordais une jolie jeune fille dans le métro (non le RER pour être plus précis). Je l’avais regardé presque avec insistance depuis 32 stations et… miracle… elle descendait à la même que moi. Coup de tête, impulsion du à une passion débordante, je l’abordais…. Enfin je vint me placer devant elle et je bégayais…. « exc, excusez moi… ». Et elle ne s’enfuit pas !
Après maints hésitations, mots avortés, gestes gênés, elle étais toujours là à attendre que je parle (je loue sa patience, non je l’achète !) et enfin je pus exprimer la quintessence de ma pensée : « je voulais vous parler ! ».
Bon d’accord, ça elle avait déjà du le comprendre depuis au moins 15 minutes, mais finalement tout était là.
En tout cas suffisamment pour qu’on aille boire un café ensemble. Bien sur ce n’est pas ça que j’aurais voulu lui dire. J’aurais aimé lui parler de notre amour passionné, des nuits torrides que nous avions déjà vécu dans mon imagination. De nos trahisons – simples prétextes à des réconciliations à faire trembler l’Himalaya, de nos enfants et de notre vieillesse apaisée mais jamais soulagée…
Elle me demanda comment j’avais trouvé le courage de lui parler, me dit que je semblais très timide et ses yeux brillaient lorsqu’elle disait cela. Et moi – con comme un mec – je gonflais le torse et prétendait que non en fait j’étais à l’aise et pas timide. Elle qui se prenait pour une princesse dont la seule vue m’avait fait vaincre le démon de la timidité, fut douchée par mon arrogance. Elle voulait capturer un cœur, je ne lui offrais plus qu’un torse. Je me souviens de ses yeux, de ses mots, et de ma surdité. Désolé ma belle…. Je regrette, vraiment….
Mais bon, ceci déclencha en moi une frénésie de drague. Rien ne s’était passé, mais cela aurait pu ! (et finalement c’est cela qui compte, le putatif). Et à force je trouvais les mots qui touchent, le ton de la sincérité amusante.
Mais d’ailleurs, peu importe les mots !
J’ai abordé avec des « Vous habitez chez vos parents ? » (bon d’accord elle sortait du château de Versailles que je lui montrais du doigt), des « c’est à vous tout ça ?!!! » (un petit sourire innocent ou presque en désignant après coup les bagages de la dame). Mais je crois qu’on a jamais fait mieux que « Tu as de beaux yeux tu sais ! » Rien que ça, tout simplement….
Oui peu importe les mots, ce qui compte c’est la passion, le coup de foudre. Car toutes les femmes que j’aborde, j’en suis amoureux.
Il me suffit de surprendre un geste, une main qui découvre une nuque, un regard qui hésite, une main qui se fait élégance, une cambrure qui se révèle lors d’un bâillement pour que mon imagination fasse de nous les amants du siècle et que je n’en regarde nulle autre … (jusqu’à la prochaine ?)
Aie, je crois que je viens d’annihiler toutes mes chances pour l’élection…. Un amoureux pathologique peut il gagner le titre de MDLN ?
Dis moi, petite souris blonde, ton blog qui surtout attire les dragueurs à la noix en recherche de recette, est il si plein d’humour pour que nous tombions amoureux de toi ? Toi que nous avons tous en vain dragué, et que pourtant on sent pleine d’attente pour Celui qui saura trouver les bons mots… n’es tu pas notre Graal à nous ?
Dis moi petite souris blonde, tu sais qu’t’as d’beaux yeux, toi ?
Dommage que tu sois blonde… Tu ne veux pas te faire brune ? Être Cléopâtre et m’appeler Antoine ? Nous prendrons ensemble une douce et lente ciguë qui nous fera mourir d’un même battement de cœur d’ici 40 ou 50 ans durant un coït magnifique et langoureux que nous envieront tous les amants de 20 ans…"

L’original de cette histoire se trouve, comme d’habitude, dans les commentaires de l’élection de Mister Noix. Le coupable est reparti préparer le concours d'entrée à l'ENA.
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

gilbert 28/08/2006 14:44

Qui t'a parle ? De quoi tu te meles ? Sale gosse.

personne 27/08/2006 22:57

De ces Végétaux, non, pour les noix.

Destruction ? Eradication ? Annihilation ? Mais tu vas finir vieille fille, la Souris... ;-)

Sinon, je ne sais pas si FTS est au courant que tu piques leur déco, mais c'est mal.

La Souris Blonde 28/08/2006 01:21

Hm... ça doit être comme les lichen, mi-animal, mi-végétal, une symbiose malfaisante.Oui, je sais, je vais finir vieille fille! Enfin non, je vais finir jeune fille, d'abord.

personne 26/08/2006 15:51

Il y a quand même quelque chose qui m'échappe...

La Noix d'Or, ce n'est pas censé être très flatteur.

Je veux dire, ce n'est pas comme faire la couverture de Time, ou être élu homme le plus sexy de l'année par le lectorat de Jeune et Jolie.

Si ?

La Souris Blonde 26/08/2006 23:52

Aille... Tu veux dire que j'aurais contribué à rendre le dragueur à la noix sexy, à la mode, sympathique et attrayant? Tu veux dire que j'aurais créé des vocations?Misère... C'est pas facile tous les jours d'être présidente de la Société de Destruction de Ces Animaux...

Gorgonzolla 26/08/2006 01:42

Salut Cléopâtre,
Moi, je vote pour Antoine dont je trouve la profession de foi bien sympathique.
Et si c'est possible, je donnerai bien une deuxième voix à Hector qui m'a bien fait rigoler...
Mais si c'est trop demander, on peut aussi faire une 1/2 voix pour Antoinet et 1/2 voix pour Hector...
 
 

Antoine 26/08/2006 00:42

Antoine, Aladin .... et on me dit d'aller à l'Ouest... abandonner Cléopatre ? !!! Désolé je me sent tout d'un coup une pompeuse verve orientale  !(et hop une parenthése au cas - putatif donc - ou Gilbert lirait ce commentaire :))
En tout cas belle (tu le dis toi même) souris blonde (ca aussi tu l'affirmes .... on va te croire) je flagorne effectivement le juri.... Mais non pas pour sa fonction, juste pour sa nature
C'est que l'intelligence est terriblement sexy.
Tu sais qu't'es inteligente toi ? (si avec ca je ne gagne pas la noix !!!!)

La Souris Blonde 26/08/2006 23:49

Quand on est une souris, on dit plutôt "un télijen".