GSNALF

Publié le par La Souris Blonde

Aujourd'hui, grâce à Herbert de Vaucanson, j'ai appris un nouveau mot. J'aime bien apprendre de nouveaux mots.

"J'emploie les mots que tu m'as appris. S'ils ne veulent plus rien dire, apprends-m'en d'autres. Ou laisse-moi me taire." (Beckett, Fin de partie)

Et donc, il ne m'a pas laissée me taire, puisqu'il m'a appris un nouveau mot.
Le mot GSNALF.
Au départ, j'ai cru qu'il s'agissait d'un mot importé du finnois, car la Finlande est mondialement renommée pour ses informaticiens de génie. Mais comme la Finlande étant également célèbre pour la nature séduisante des autochtones (oui, août, c'est le mois des clichés), les noix sont certainement inconnues dans ce pays. Un oranger sur le sol irlandais, une noix sur le sol finlandais, on ne le verra jamais.
Ensuite j'ai pensé à une onomatopée. "GSNALF!" ça pourrait être un étranglement d'indignation. Ou le bruit qu'on fait lorsqu'on avale tout rond son sandwich en lisant ce qui vient de s'afficher sur l'écran. Ou un cri de guerre menaçant, rappelant le terrible "GNAP!" des Schtroumpfs Noirs.
Mais non. GSNALF, ce sont simplement les initiales de Gars Super Nul Avec Les Filles, comme me l'a appris, donc, Herbert de Vaucanson. On ne saurait donner meilleure définition, ni plus explicite, du "dragueur à la manque".
Sauf que...
J'ai peut-être l'esprit tordu, mais j'ose l'hypothèse que cette expression est la déformation d'un terme plus ancien et plus explicite encore. En effet, dans GSNALF, on remarque le syntagme NAL. Or qu'est-ce que NAL, sinon une simple inversion du syntagme ALN, autrement dit "à la noix"?
Le terme originel serait donc, non
GSNALF, mais GSALNF.
Ce qui pourrait vouloir dire, par exemple, Gavant Séducteur A La Noix Forcené, mais on peut également trouver toutes sortes de définitions autour du noyau énergétique "à la noix".
N'est-ce pas révélateur? Voilà notre "dragueur à la manque" qui révèle comme une seconde couche "à la noix", au terme de notre petite enquête philologique. Comme quoi, un dragueur peut en cacher un autre.
L'inversion des lettres ALN en NAL, et l'association d'une signification équivalente bien qu'édulcorée, n'auraient eu pour raison qu'une plus grande facilité de prononciation. Avouons que GSALNF, c'est absolument indicible.
Mais n'est-il pas regrettable que, par simple paresse linguistique, on perde tant de saveur dans la signification?
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Monsieur Mika 26/10/2006 13:20

"Aujourd'hui, grâce à Herbert de Vaucanson, j'ai appris un nouveau mot."Gosh, une souris qui parle à un canard ? Dans quelle ménagerie sommes-nous ? Le monde est zoo !

La Souris Blonde 27/10/2006 18:59

En fait, c'est une ménagerie de moins de 50 ans.

HélÚne 08/08/2006 20:42

Ah mais Souris, si on peut lire en diagonal, une lettre sur deux, alors GSALNF = Gars Super Avec Les Nul Filles. Les "Nul Filles" seraient des absences de filles. Ou alors une faute d'accord assez énorme. Dans les deux cas, le gars reste super.

PtitLoup 08/08/2006 16:34

Bah pour info un GSNALF, c'est un Gars Super Nul Avec Les Filles... rien de plus compliqué (à ne pas confondre avec un geek non plus hein ! :p)

La Souris Blonde 08/08/2006 16:52

Tu as lu en diagonale.Ou alors, tu as lu une lettre sur deux.Ce qui donne GNL. Gars Nul Les. Ce qui ne veut plus rien dire du tout.

personne 05/08/2006 13:45

Désolé de te contredire mais GNSALF est un LAFPDC (Lexème A Fort Pourcentage De Consonnes) et en tant que tel il n'est soumis à aucune évolution phonétique : il se translate directement d'une base linguistique à une autre.
La plus ancienne trace du LAFPDC GNSALF (organisons le concours du commentaire le plus imbitable) remonte à 5000 ans avant JC, en Judée, où il s'écrivait alors YHWH, ce qui permet de relire la bible en comprenant beaucoup mieux beaucoup de choses, notamment le coup du buisson ardent, qui devait être aux poulettes de l'époque ce que le téléphone portable qui brille en rythme dans le noir leur est aujourd'hui.
Il s'abrège souvent en GSL Gars Super Lourd ou en GSM (Gars Super Mauvais) s'il est muni du dit portable.
Les LAFPDC abondent comme des goujons frétillants dans le vocabulaire du GNSALF, ce qui est loin d'être paradoxal. Les LAFPDC sont en effet une base essentielle des pratiques magiques - or le GSNALF croit violemment à la magie.
Il y a le THCTP (T'habites Chez Tes Parents) tombé en forte désuétude sur les dernières décennies, mais dont les experts prédisent un retour en force avec la crise de l'immobilier. Il y a le PDZ-PDZ (Plaisir Des Zieux, Plaisir des Zieux) qui fonctionne un peu sur le mode incantatoire. Il y a aussi le TSQTAUMPC (Tu Sais Que Tu As Un Mignon Petit Cul), formule magique censée transformer le GSNALF en GQB Gars Qui Baise mais le transforme plus souvent en GQBP-MVP.

Enfin, certaines thèses avancent que GSNALF signifierait plutôt Gars Super Nul A La Fraise, mais leurs auteurs sont fortement sujets à caution, ne serait-ce que parce qu'ils sont petits, tout bleus, avec une culotte blanche.

La Souris Blonde 06/08/2006 00:39

Etre ainsi contredite... On y prendrait goût (soupir)...Mais comme toute contradiction appelle contradiction de la contradiction, cher maître, j'ai quelques réserves sur votre dernière hypothèse. La dernière secte sémantique que vous mentionnez tient plutôt en effet, ce me semble, pour l'interprétation qui suit : Gâteau de Salsepareille Nappé A La Fraise. Demi-nuance, certes, mais néanmoins importante.

ralphy 04/08/2006 22:13

D'ailleurs, puisque nous en sommes à trouver le sens premier, au sens éthymologique du terme, des mots, je noterai que NAPALM, avant de signifier une bombe incendiaire, se disait PAMALN, pour Pauvre Abruti de Mec à la Noix.
La langue française est une langue vivante, alors faisons la vivre ! ;-)

La Souris Blonde 06/08/2006 00:13

Ce qui permettait aux vietnamiens bombardés de crier en retour : "Même PAMALN !"Maigre consolation, je le conçois.