Le jour où j'ai succombé

Publié le par La Souris Blonde

C'est-à-dire, car bien entendu le titre est toujours véridique, le jour de ma chute, le jour où, devant un homme, j'ai senti le sol se dérober sous moi, le jour où j'ai été toute retournée, le jour où j'ai fait un faux pas, bref, le jour où j'ai failli!
C'était par un agréable soir d'avril. Dans cette petite rue pavée, les glycines en fleur exhalaient un parfum délicat, les derniers rayons du soleil doraient comme au jaune d'oeuf le dernier étage des immeubles, ultime adieu du jour aux chambres de bonnes. Légère sur ses talons aiguille, un jupon virevoltant autour de ses longues jambes (entendons-nous... Pour une souris, au-delà de 3 cm, ce sont de longues jambes. De très longues jambes, donc), la souris blonde s'en retournait chez elle, allègre et le coeur léger car elle venait d'assister à une brillante conférence d'ethnométhodologie sur les modalités d'interaction publique non verbale en milieu urbain.
Or, alors qu'elle frôlait le porche d'un vieil immeuble, surgirent dudit porche deux jeunes gens. Dont je puis dire, à cet heure, qu'ils étaient deux, qu'ils étaient jeunes, et... sur toute autre question, la métaphysique même hésite à se prononcer.
A ce moment, tout bascula.
En tous cas, la souris, oui. Son pied manqua un pavé, et le milieu de la chaussée lui parut se rapprocher à une allure vertigineuse. Chute magistrale, spectaculaire, même vécue de l'intérieur: la souris étalée de tout son long, sa jupe la suivant en une gracieuse parabole. Autrement dit, en un instant, elle fut aux pieds des deux jeunes gens.
Qui firent preuve d'une certaine politesse en ramassant aimablement une souris frippée, contusionnée, les mains écorchées et les genoux en sang. Et bégayant que oui, oui, ça allait.
Et donc, puisque ça allait, ils poursuivirent leur chemin.
Le pire dans cette histoire, c'est que je ne me souviens absolument pas du visage de ces deux garçons, ni de rien les concernant.
Quel dommage. Puisque manifestement, ils étaient beaux à tomber.

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ralphy 04/07/2006 01:35

Clap ! Clap !

Grenouille Bleue 07/06/2006 15:31

Choir sans déchoir. Dur, dur.

vince 07/06/2006 11:59

Humm...le système hormonal de la femme fonctionne à plein régime lorsqu'elle est en détresse et qu'elle aperçoit un sauveur potentiel...je prends note!
Maintenant c'est décidé je ne drague que les jours de verglas ;-)

Dovobo 07/06/2006 01:47

Fichtre, il y a un petit a, qui s'est perdu, je le donne a qui veux bien le prendre, orphelin de son mot:a

La Souris Blonde 07/06/2006 07:41

Je ramasse votre a, plus galamment qu'on ne ramasse un mouchoir, ou une souris. Et vous rends agréable...

Dovobo 07/06/2006 01:46

C'était donc vous!Quelle extraordinnaire coïncidence! Rassurez-vous, nous ne nous souvenons pas non plus de votre agréble figure.