Le dragueur des beaux quartiers

Publié le par La Souris Blonde

La scène se passe sur un quai de métro. Mais que diable, n'avez-vous donc jamais été sensible au romantisme débridé des quais du métro? Un joli coucher de soleil se reflétant sur la puissante poésie des poutrelles d'acier (oui, c'était une station aérienne), le chant des rames sur les rails chauffés à blanc, le doux roucoulement des pigeons nichés au-dessus des voies... Peut-on rêver lieu plus propice à la rêverie galante ?

Et justement, il était là. Il ne payait pourtant pas de mine, au départ, avec son look décontracté-mais-cher de minet du XVIe arrondissement, mocassins, pantalon de toile, polo de rugby, ses cheveux pas remarquables et son mètre soixante-dix qu'il arrangeait en se tenant complètement voûté. Il était là et il portait son oeil sur moi.

A distance respectueuse, histoire d'avoir l'air pas trop intéressé, et en parlant négligemment, il laissa soudain tomber en guise d'entrée en matière un : "Tu connais Deauville ?"

Euh, oui, vaguement, de nom, comme ça...

"Non, parce que je vais y aller en week-end, et je cherche une demoiselle pour m'accompagner."

ça au moins c'est direct comme approche! Pfiouuu! Quel galant homme! Ouvrir les hostilités avec un week-end à Deauville, ça ne se refuse presque pas! En voilà un garçon qui sait vivre. ll n'a pas évoqué le champagne coulant à flot entre le sac et le ressac, mais juste parce qu'un tel enthousiasme aurait contrevenu à son look savamment pas réveillé.

Donc, en gros, cherche jeune fille prête à se donner en échange d'un week-end à Deauville avec un golden petit poucet.

J'avoue que mon côté vénal... Oui, car c'est bien connu, les femmes sont vénales... Le casino, les palaces, le yacht, tout ça, sans parler du reste... Mais donc, finalement, j'ai bien réfléchi pendant une ou deux secondes, et j'ai réalisé que j'avais des tas de choses urgentes à faire, par exemple une balade à pied dans le XIIe arrondissement qui ne pouvait plus attendre, et diverses souriceries du même ordre. Alors, non.

"Ah, c'est balot."

Je crois, oui.

Les mèches légèrement décoiffées par le souffle de la rame qui arrivait à quai, dans un dernier élan, il me dit au revoir.

Au revoir. Et bon vent...

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ralphy 05/07/2006 14:17

Oh, mais tout de même ! Refuser un week-end à Dauville ! Cela frôlerait presque l'impolitesse ! ;-)

une marmotte 13/05/2006 20:33

Jamais content celui la....

Grenouille Bleue 08/05/2006 22:01

En même temps, ça manque de nouveaux articles tout ça :p

La Souris Blonde 07/05/2006 17:07

Oooooh! La mythique grenouille bleue, ici, chez moi!
J'en suis toute émue et toute intimidée...
Merci Grenouille... Et à bientôt!

Grenouille Bleue 07/05/2006 16:35

En voilà un principe de blog qu'il est bien ! Comme quoi, ça paie toujours d'aller faire un tour dans les stats et de découvrir de nouvelles plumes ;)
Le principe d'un dragueur à la noix, c'est comme l'aliment éponyme: on doit batailler des heures pour réussir à atteindre le coeur - qui est souvent pourri.
Courage !