Le dragueur de bibliothèque

Publié le par La Souris Blonde

Vous êtes assise dans le hall d'une célèbre bibliothèque, en pause au milieu d'une après-midi de travail, les neurones déconnectés, un café dans une main, un bon roman dans l'autre.

Mais voici que le coin de votre oeil vous informe que quelque chose se passe à votre gauche. Un jeune homme - jeune ou pas trop, le coin de l'oeil ne saurait dire - blond, ou blondasse, ou châtain clair, là encore le coin de l'oeil n'y a pas trop prit garde, s'est assis sur le banc à côté de vous. Rien que de très normal, jusque-là...

Mais ce qui soudain attire votre oeil, c'est que le jeune homme commence à danser sur son banc. Quelque chose comme une parade nuptiale - car il s'agit manifestement des prémisses d'une approche. Mais il se contente de s'agiter sur place, l'air nerveux et impatient, pousse de grands soupirs, laisse échapper des tics.

Le coin de votre oeil le guette avec compassion. Toi, mon grand, visiblement, tu as quelque chose à dire... Mais ça devrait même pas être permis, une angoisse pareille. Qu'est-ce qu'il a l'air mal à l'aise, le pauvre garçon.

Enfin, il se lance. "C'est pas un peu chiant, Aragon ?" Là, il a drôlement bien calculé son coup : il s'est vautré du premier coup. Vlan.

Après ce début si prometteur, le dragueur à la noix des bibliothèques tentera de poursuivre. On ne s'arrête pas en si bon chemin, surtout quand quelques monosyllabes renfrognés, émergeant d'un gobelet de café presque vide, vous encouragent à poursuivre.

Mais ce dragueur à la noix ne veut pas parler de lui. Il veut parler de Vous, jolie étudiante, de Vous, et de Vos études, tant qu'à faire, puisque vous êtes étudiante, en voilà un sujet qui doit vous intéresser. Surtout s'il n'a rien à dire dessus. Surtout si vous êtes en pause-café, à cent lieues de vos bouquins.

Bref, au bout de quelques minutes, la conversation languit. Silence pesant. Le dragueur à la noix est arrivé au bout de son sac de banalités et de noix creuses. Silence gênant. Qui se prolonge. Qui devient insupportable. Le pauvre garçon, il est de plus en plus raide sur son banc. Rideau.

Dépêchons-nous d'en rire avant de le prendre en pitié...

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Papalmier 22/05/2006 18:34

petite souris, tu me fais beaucoup rigoler. Oh, en faut c'est maichant, car me reconnaissant dans tes descriptions, je ris de moi même, de ce que j'aurais pu être si un jour j'avais osé dire un mot a une fille autre qu'une camarade de classe ...sérieux, si j'avais un jour essayé de draguer, ca aurait exactement été comme tu le décris: pitoyable.alors par mazochisme, je vais continuer a lire ton blog, parce que j'aime rire, j'aime rire de moi.Mais ce serait cool aussi que tu raconte ce qui ne te laisserait pas de marbre ...  ou par qui ?Je cois que j'ai encore de longues années de célibat devant moi, espérons moins que derrière ...

kristophe 17/05/2006 22:57

là, pas d'accord avec toi...
Charmer (j'aime pas le terme de draguer, t'en connais l'étymologie) une nana dans une bibilothèque, c'est quand même assez classe. Et moi les intellos me stimulent... allez j'ose le terme... m'excitent !!!!
bizz

vince 10/05/2006 16:43

Voila un blog assez rigolo mais qui, en tant que Parisien, me désole totalement sur l'état d'esprit des Parisiennes ... mais je savais déjà tout ça car j'ai été et je resterai encore un peu le célibataire qui essaie de draguer quand une fille attire son attention....et se prend le bon wind qui le fera dire de ne plus jamais essayer !
Je nous souhaite à tous beauoup de courage pour nous ouvrir l'esprit et nous aimer. 

Maxx 09/05/2006 00:04

Enfin c'est sûr qu'en lisant tout ça, personnellement, je n'ai toujours pas compris le genre d'endroits où il peut être "AUTORISE" à aborder une fille.... :-)Et dire qu'après, il y en a qui ont le culot de se plaindre qu'elles ne se font plus "aborder", que les hommes ne les "voient plus", qu'elles sont comme "invisibles" ... la bonne blague... :-)

La Souris Blonde 05/05/2006 19:07

> Pour Vincent:
"Ca changerait quelquechose s'il était brun?"
Absolument rien. D'ailleurs il était peut-être brun, après tout. J'ai des goûts très ecclectiques. Tourner aussi longtemps autour d'un détail aussi insignifiant de sa personne était simplement un artifice stylistique destiné à montrer à quel point j'avais prêté attention à ce personnage. Mais visiblement, les ficelles de la narration, ce n'est pas ton truc.
"Idée pour le prochain post : faire plus constructif que 99% des blogs de nana"
"Blogs de nana"! Oui! Pas mal! Tu es en bon chemin! L'envie et le mépris sont les deux mammelles du dragueur à la noix!